Drapeau du Québec L'Ordre national du mérite agricole MENUMenu

Régions 2019

Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec

Abondance de terres arables

Entre les 46e et 69e parallèles, l’Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec couvrent au-delà de 800 000 km2, soit plus de la moitié du territoire québécois! Particulièrement abondantes, les bonnes terres argileuses du Bouclier canadien sont le lieu où l’on pratique une agriculture axée sur l’élevage et les grandes cultures.

C’est en Abitibi-Témiscamingue que les producteurs agricoles se concentrent. Adossée à l’Ontario, la région s’étend jusqu’aux limites de l’Outaouais au sud et de la Mauricie à l’est. Avec ses 64 000 km2, elle fait bonne figure. Généreusement pourvue par la nature, qui l’a dotée d’abondantes ressources hydriques, forestières et minières, l’Abitibi-Témiscamingue possède l’une des plus grandes réserves de sol arable d’Amérique du Nord. On s’étonne que seulement 11 % de ses terres soient consacrées à l’agriculture.

L’industrie bioalimentaire joue pourtant un rôle appréciable dans l’économie régionale : elle compte pour 4 % du PIB et fournit 12 % des emplois. Quelque 9 000 personnes travaillent dans 577 exploitations agricoles et 28 entreprises de transformation alimentaire dont la contribution annuelle à l’économie s’élève à 320 millions de dollars.

La production animale domine, puisque 367 entreprises appartiennent à ce secteur. La moitié d’entre elles produisent des bovins de boucherie, alors que le tiers se consacre aux vaches laitières. D’autres bêtes, notamment les moutons, complètent le portrait.

Du côté des végétaux, près de la moitié des 210 entreprises cultivent des céréales et des oléagineux, et le quart, du fourrage. À côté des grandes cultures surgissent ici et là de petites productions maraîchères et horticoles. Les fleurs, fruits et légumes gagnent du terrain, étant la principale source de revenu de 38 exploitations.

Dans cette région comme ailleurs, la population se montre friande de produits frais et de contact avec les artisans de la terre. Voilà pourquoi la vente à la ferme et les marchés publics y sont si populaires.

Et dans le Nord-du-Québec? Encore peu exploité, le territoire offre bien des possibilités. Des projets de serres et d’agriculture urbaine sont d’ailleurs en élaboration, impulser par la nécessité de permettre aux communautés nordiques d’accéder à des produits frais. Il est ici question de sécurité alimentaire.

Au-delà du 46e parallèle, les sols recèlent un potentiel agricole considérable que les changements climatiques pourraient accroître… Mais déjà, l’Abitibi-Témiscamingue dispose d’un immense fonds de terres de qualité encore abordables. Bienvenue aux audacieux!

Bas-Saint-Laurent

De l’agneau au sirop d’érable

La région du Bas-Saint-Laurent, c’est le fleuve, de magnifiques lacs et un nombre impressionnant de rivières. C’est aussi 22 000 km2 de terre ferme, les Appalaches, les vallées de la Matapédia et du Témiscouata, 114 municipalités et près de 200 000 habitants. De Kamouraska à Rimouski, l’agriculture familiale joue un rôle important dans l’occupation dynamique du territoire et la vitalité des communautés.

Du lait, du sirop d’érable et des agneaux, vous en trouverez ici. L’industrie laitière domine : elle regroupe 33 % des quelque 1 900 entreprises agricoles de la région et génère 55 % des revenus bruts. Viennent ensuite les élevages bovin et porcin. Spécialité régionale, l’agneau lourd (plus de 80 livres) fait la fierté des éleveurs bas-laurentiens, dont la production représente près de 40 % de la production québécoise.

Si 60 % des fermes appartiennent toujours au secteur animal, les végétaux gagnent du terrain depuis quelques années. L’érable domine largement, avec 22 % de toutes les exploitations, parmi les plus vastes. Fruits et légumes frais, céréales et oléagineux pour des marchés de niche connaissent un véritable essor.

Fait à souligner, quelque 140 entreprises détiennent une certification biologique. Particulièrement marquée en acériculture, la tendance gagne presque tous les secteurs. D’ailleurs, le Bas-Saint-Laurent regroupe le plus grand nombre de fermes laitières et apicoles certifiées au Québec!

Pour découvrir la richesse du terroir, rien ne vaut une virée dans ce magnifique coin de pays. Les occasions de rencontre avec les producteurs sont multiples : autocueillette, kiosques à la ferme et marchés publics. La vente en circuit court, de son côté, connaît une réelle effervescence.

Les commerces offrent aussi de quoi garnir le panier des gourmets. Fromages fins, charcuteries artisanales, pains avec ou sans levain, poissons fumés ou non, bières, herbes salées, miel et autres douceurs en disent long sur la passion et la créativité du milieu. L’organisme Saveurs du Bas-Saint-Laurent répertorie d’ailleurs plus de 1 500 produits d’une étonnante variété. Près d’une centaine d’entreprises travaillent à exploiter les richesses du terroir.

De la terre à la table, l’industrie bioalimentaire du Bas-Saint-Laurent est un important moteur de développement : en 2017, elle représentait 11 % du PIB régional et procurait un emploi sur quatre. Elle contribue aussi au bien-être des résidents, au plaisir des visiteurs et à la beauté du paysage. Une combinaison gagnante!

Côte-Nord

Fruits de mer et petits fruits

Un pied dans l’eau, l’autre sur terre. Voilà qui résume le paysage agricole de la Côte-Nord, pays rude à la beauté sauvage, où vivent à peine plus de 90 000 personnes.

Entre Tadoussac et Blanc-Sablon, Schefferville et l’île d’Anticosti, la région la plus vaste de la province après le Nord-du-Québec s’étend sur plus de 300 000 km2 et offre 1 300 km de côtes. C’est le royaume des fruits de mer et des petits fruits.

Quelque 110 exploitations agricoles y pratiquent une agriculture distinctive sur plus de 51 000 hectares de terre rétive. Ici, les animaux occupent une modeste place : vaches laitières et bovins de boucherie comptent pour seulement 16 % de la production. La culture maraîchère domine avec 36 %, suivie de près par les petits fruits, dont la part s’élève à 32 %. À côté des champs de pommes de terre de semence s’étend la mosaïque des baies, au potentiel impressionnant : bleuet sauvage, canneberge, airelle vigne d’Ida, chicoutai et camarine noire. Champignons et aromates forestiers poussent en bordure.

Des eaux sortent le crabe des neiges et autres délices tels que les crevettes, le buccin, communément appelé bourgot, et la mactre de Stimpson, une variété de palourdes dont raffolent les Asiatiques. La valeur des captures atteint 67 millions de dollars. Par bonheur, les pêcheurs profitent d’une filière commerciale bien structurée, de la mer à la table.

De plus, 22 établissements de transformation contribuent à la vitalité de l’industrie bioalimentaire. Avec un apport annuel de 220 millions de dollars, cette dernière constitue 2 % du PIB régional. Elle procure de l’emploi à 7 000 personnes d’un bout à l’autre de la chaîne de production, de la récolte sur terre ou en mer jusqu’à la table, en passant par les épiceries et les restaurants.

L’un des défis des producteurs de ce beau coin de pays reste d’accroître l’offre d’aliments frais dans les communautés isolées. L’éloignement des grands centres complique aussi la mise en marché. En collaboration avec l’association touristique régionale, la Table bioalimentaire Côte-Nord s’emploie à mieux faire connaître les trésors de la Boréalie. Marchés publics, répertoire Web et circuits gourmands constituent autant d’invitations à « goûter la Côte-Nord ». Difficile de résister!

Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

Créativité au rendez-vous

Contre vents et marées, Gaspésiens et Madelinots tirent de la terre, de la mer et de la forêt des aliments d’une étonnante diversité. Même s’ils ne jouissent pas des sols les plus fertiles, ils misent sur la créativité et récoltent ainsi des produits dont la réputation s’étend bien au-delà des limites du territoire.

La région la plus à l’est du Québec baigne dans les eaux du golfe du Saint-Laurent et de la baie des Chaleurs. Un peu plus de 90 000 personnes partagent 20 000 km2 de forêts, de montagnes et de dunes qui laissent peu de place à l’agriculture. À peine 4 % du territoire est cultivé, soit 28 000 hectares. Il reste encore de la place, car seulement le tiers de la zone agricole est occupé.

Les quelque 240 entreprises qui y sont installées génèrent néanmoins près de 30 millions de dollars de revenus. Elles sont 212 en Gaspésie et 27 aux Îles. La production laitière, l’élevage bovin et l’acériculture rapportent le plus, mais l’horticulture gagne du terrain. Signe des temps, la carte biologique se révèle payante. Alors que les 28 détentrices d’une certification Ecocert ou Québec Vrai ne comptent que pour 12 % de toutes les fermes, elles génèrent 26 % des revenus.

Tout en respectant les savoirs traditionnels, Gaspésiens et Madelinots savent explorer leur terroir hors des sentiers battus. Leur inventivité s’exprime notamment dans la transformation – une quarantaine d’exploitations s’y consacrent – et la mise en marché. Bon nombre des produits vendus à l’état frais, ensachés ou en pots portent les logos créés par Gaspésie gourmande et Le bon goût frais des îles de la Madeleine, deux associations engagées dans la promotion du terroir.

La meilleure façon d’apprécier l’originalité de l’agriculture de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, c’est encore d’emprunter les circuits gourmands. Kiosques à la ferme, marchés publics, boutiques et restaurants offrent autant de haltes agréables dans un décor de rêve. La mer n’est jamais loin. Et le savoir-faire des artisans et artisanes, toujours présent. Rien ne les rend plus heureux que de garnir votre assiette.

Un bon bol d’air salin, avec ça? Allez, c’est gratuit!

Saguenay–Lac-Saint-Jean

Virage biologique en zone boréale

Aux limites de la zone agricole québécoise, la dynamique région du Saguenay–Lac-Saint-Jean joue à fond la carte de la nordicité. Elle a de plus amorcé un important virage biologique.

De L’Anse-Saint-Jean à Notre-Dame-de-Lorette, c’est plus de 106 000 km2 de forêts, de lacs, de rivières et de terres qui s’offrent à tous. La population se concentre toutefois dans la zone la plus clémente, la vallée entourant le lac Saint-Jean et la rivière Saguenay. En effet, 70 % des quelque 276 000 habitants vivent dans la ville de Saguenay ou la MRC de Lac-Saint-Jean-Est, au cœur de cette aire tempérée en milieu nordique.

Du bleuet? Bien sûr qu’il s’en produit. En quantité. Mais l’emblématique perle bleue ne constitue pas la principale source de revenu des agriculteurs. Elle est largement supplantée par le lait!

En 2017, les ventes de lait à la ferme ont atteint 123 millions de dollars. En deuxième place, les bleuets et les pommes de terre rapportaient 24 millions chacun. Suivaient les grandes cultures avec 20 millions, puis les bovins de boucherie (16 millions). En tout et partout, 1 204 entreprises ont généré des recettes de 270 millions.

Toujours en 2017, l’industrie agricole a injecté 710 millions de dollars dans le PIB régional et fourni de l’emploi à 16 000 personnes.

Fait à souligner, de nombreux agriculteurs ont pris le virage biologique. Les entreprises certifiées – notamment les productrices de bleuet nain – augmentent à vue d’œil : entre 2017 et 2018, leur nombre a grimpé de 70 à 94, et les demandes de certification sont passées de 14 à 42. Un engouement prometteur!

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean affirme sa nordicité avec fierté. Grâce au label Zone boréale, le consommateur peut aisément repérer les produits de typicité nordique dans les boutiques, épiceries et restaurants. La vente en circuit court continue, bien sûr, de gagner en popularité. Paniers, kiosques et marchés publics font le bonheur des résidents et des touristes en quête des saveurs du terroir.

En collaboration avec Agroboréal et l’association touristique régionale, la Table agroalimentaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean s’emploie à mieux faire connaître le travail de ceux et celles qui tirent de la terre de quoi nourrir leurs semblables. Le savoir-faire unique de ces gens passionnés vaut bien le détour.